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Cartographie participative en vue de la création de la Réserve de la Bouche du Roi

Démarré en avril 2014, les études préliminaires de création de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Delta Mono (RBTDM) ont approuvé la zone de la Bouche du Roi comme une zone continentale et marine d’intérêt écologique majeure pour la protection de la Biodiversité.
Ce site, d’une superficie de 9138 hectares, fait actuellement l’objet de travaux en vue d’identifier les noyaux d’une future réserve. Ces démarches se font sous l’égide du Projet Réserve de Biosphère Transfrontalière de la Coopération Technique Allemande (GIZ) et du Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF) du Bénin ainsi que d’autres partenaires du Togo.

Après des séries de sensibilisation et d’identification de volontaires, l’équipe d’Eco-Benin a réalisé le 04 août 2015, une première séance de cartographie participative de l’espace et des ressources à protéger.
En prélude à cette séance, un travail préparatoire a eu lieu avec le cartographe du projet afin de sortir un fonds de carte de la zone Bouche du Roi en format A0 sur la base des coordonnées GPS préalablement recueillies. Cette séance a connu la présence effective de 50 représentants venus des différents villages autochtones ainsi que la présence de la mairie de Kpomassè, le représentant de la mairie de Grand-popo et un représentant des forestiers de Grand-popo. Cette démarche est essentielle, car aucune carte de détail de la zone n’existe à ce jour. Les villages qui ont participé à ces travaux sont : Avlo-plage, Avlo-village, Lanhou, Kpèco, Azinko, Hakouè, Gninhountinmè et Kouèta. Ces villages font partie de l’arrondissement de Grand-popo et sont représentatifs de la partie sud-ouest de la réserve.

La séance a été ouverte par les salutations d’usage et la présentation de tous les participants en précisant notamment leur provenance et ou leur fonction. L’équipe du projet a ensuite présenté le concept et les principes de déroulement de la cartographie participative, et a profité une fois encore d’expliquer tout le bien fondé de l’approche basée sur l’implication active des populations. Pour des raisons d’ordre organisationnel le groupe a ensuite été scindé en deux, de manière à réduire les intervenants et tenter d’augmenter l’implication de chacun.

Chaque groupe a été équipé d’un fonds de carte A0, superposé d’un papier calque pour le dessin. Des crayons, gommes, et feutres de couleur étaient fournis afin de pouvoir élaborer les cartes. Avant de démarrer le travail, chaque équipe a désigné un dessinateur, un modérateur ainsi qu’un rapporteur pour la prise de notes.
Puis, sous la supervision et les directives de l’équipe d’Eco-Bénin, les équipes ont démarré le travail proprement dit, avec comme premières consignes d’identifier et positionner en premier les villages et hameaux manquants ou mal positionnés, et de faire de même pour les cours d’eau et voies fluviales.

Cette phase initiale a été relativement longue, car les équipes recherchaient leur mode de fonctionnement. En cours de séance les 2 équipes se sont très bien appropriées l’outil participatif, pour finir de manière beaucoup plus rapide et efficace.
Puis il leur a été demandé de positionner les frontières administratives et les voies d’accès, avant d’entamer le travail sur l’identification et le positionnement de leurs ressources.

On peut constater que les deux équipes ont apprécié de manière différenciée la notion de ressource, puisqu’un groupe a indiqué la présence de singes, de crocodiles, de lamantins, de tortues, d’églises et d’écoles, alors que le deuxième groupe s’est attelé de manières beaucoup plus précise à représenter spatialement leurs ressources biologiques (mangroves, forêts et plantations). Le choix de séparer le groupe en deux semble avoir été fort judicieux, car les participants se sont majoritairement fortement impliqués dans la démarche malgré une durée somme toute importante de plus de 4 heures (phase dessin). A noter que ces 4 heures ont été entrecoupées par des pause-café et une pause déjeuner.
Les participants ont ensuite été rassemblés et le rapporteur de chaque groupe a présenté le travail qui a été fait au sein de son groupe. Les acclamations qui s’en sont suivis témoignent de l’engouement, de l’intérêt et du plaisir que les participants ont eu durant cette démarche. Une satisfaction d’un travail accompli se lisait sur leur regard.

Des amendements et des suggestions de complément ont été apportés, discutés et reportés sur les cartes afin de tenter de niveler les différences entre les versions des deux équipes. Au regard de la vivacité de l’assemblée, et malgré l’heure déjà avancée, l’équipe d’Eco-Bénin a tenté le pari d’amener l’audience directement vers l’étape suivante, à savoir l’identification des ressources et des zones plus particulièrement menacées et digne de protection.

Deux poumons ont été identifiés. Cependant de longues discussions de fonds ont finalement eu raison de l’attention de l’assemblée. Cette étape a donc été reportée, comme initialement prévue, après la validation officielle de la carte de l’état actuel des ressources.

Cette séance, démarrée à 10 h00 a finalement été close vers 17h 00. Il est important de relever la très grande énergie et discipline des participants qui a perduré durant tout le travail à la satisfaction générale de l’équipe d’Eco-Bénin et des autorités présentes. Cette étape de cartographie participative sera suivie d’une validation et de mesures de confirmation de certains éléments de la cartographie par l’équipe d’Eco-Bénin dans chaque village. Le cartographe réalisera dès lors la carte complète des ressources qui sera validée une seconde fois collectivement avec toutes les autorités et sages des villages concernés, les autorités communales et les forestiers.

Par l’équipe Eco-Benin RBTDM

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